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Prières en vidéo

mardi 4 décembre 2018

Les sacrifices pour la conversion des pécheurs

19 août 1917 : « Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs. Car beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'elles n'ont personne qui se sacrifie et prie pour elles. »


Les sacrifices pour la conversion des pécheurs


Dans l’apparition du 19 août, Notre-Dame, pour la troisième fois, parla de l’enfer : « Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs. Car beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'elles n'ont personne qui se sacrifie et prie pour elles. »
Dans l’apparition précédente, elle en avait déjà parlé deux fois :
  • une première fois, juste après la vision de l’enfer : « Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. »
  • une deuxième dans la prière qu’elle enseigna après la révélation du secret : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous. Préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin. »
Dans la précédente méditation, nous avons vu combien ces propos avaient impressionné Jacinthe. Mais Lucie aussi fut très marquée par ces paroles. Et au cours de sa vie, elle revint de nombreuses fois sur cette question. Par exemple, voici ce qu’elle répondit, le 7 février 1954, au père Lombardi qui la questionnait ainsi :
— Croyez-vous vraiment que beaucoup vont en enfer ? Personnellement, j’espère que Dieu sauvera la plus grande partie de l’humanité. J’ai même écrit un livre auquel j’ai donné pour titre : Le salut de ceux qui n’ont pas la foi.
— Mon Père, nombreux sont ceux qui se damnent.
— Il est certain que le monde est une sentine de vices et de péchés. Mais il y a toujours un espoir de salut.
— Non, mon Père, beaucoup, beaucoup se perdront.
Et pourquoi « beaucoup se perdront » ? La Sainte Vierge en donna une raison le 19 août 1917 : « Beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et prie pour elles. » Lucie rapporte que Notre-Dame prononça ces paroles « en prenant un air encore plus triste ».
Rappelons aussi une précision donnée plus tard par sœur Lucie à Monseigneur de Gurza dans une lettre où elle lui commentait cette phrase : « Ces âmes qui se perdent éternellement sont, sans doute, pour la majeure partie, les victimes de cette lèpre vénéneuse [le péché d’impureté] qui infecte actuellement une grande partie de l’humanité. N’est-il pas vrai aussi que, déjà dans l’Ancien Testament, ce fut ce péché qui provoqua plusieurs fois le châtiment du Seigneur ? » (voir méditation du 15e jour)
Le salut éternel de beaucoup d’âmes dépendrait donc de nos prières et de nos sacrifices ? Affirmation surprenante ! C’est si stupéfiant que certains théologiens ont tenté d’atténuer la portée de cette parole de Notre-Dame. Pourtant elle est parfaitement conforme à l’enseignement de l’Église. Voici ce qu’écrit Pie XII dans Mystici corporis (29 juin 1943) : « Il y a un mystère redoutable que nous ne méditerons jamais assez : le salut de beaucoup dépend des prières et des pénitences volontaires des membres du Corps du Christ. »
Si cette phrase de Notre-Dame est trop dure pour certains, n’oublions pas que la réciproque est tout aussi vraie : beaucoup d’âmes seront sauvées parce que beaucoup auront prié et se seront sacrifiés pour elles.
C’est le sens de la phrase de l’Ange : « Priez. Priez beaucoup ! (…) Offrez à Dieu un sacrifice en acte (…) de supplication pour la conversion des pécheurs ».
C’est aussi le sens de la phrase de Notre-Dame le 13 juillet. « Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront ». Et Notre-Seigneur disait à sainte Marguerite-Marie : « Une âme juste peut obtenir le pardon pour mille criminels. » Si nous prions, en particulier le chapelet, et si nous offrons des sacrifices, nous sauverons de nombreux pécheurs.

Les sacrifices demandés par le Ciel

Mais quels sacrifices devons-nous faire ? Dans une lettre du 28 février 1943 à Monseigneur Feirrera, sœur Lucie donna une précision très importante sur les sacrifices souhaités par le Ciel et que l’Ange avait déjà en partie communiquée lors de l’apparition du l’été 1916. Sœur Lucie confirme la distinction qu’il convient de faire entre sacrifice et pénitence :
Le Bon Dieu va se laisser apaiser, mais Il se plaint amèrement et douloureusement du nombre très limité d’âmes en état de grâce, disposées à se renoncer selon ce que l’observance de sa loi exige d’elles. Voici la pénitence que le bon Dieu demande aujourd’hui : c’est le sacrifice que chacun doit s’imposer à soi-même pour mener une vie de justice dans l’observance de sa loi. Et Il désire que l’on fasse connaître clairement cette voie aux âmes, car beaucoup donnent au mot "pénitence" le sens de grandes austérités, et comme elles ne se sentent ni force ni générosité pour cela, elles se découragent et se laissent aller à une vie de tiédeur et de péché.
Du jeudi au vendredi, me trouvant dans la chapelle avec la permission de mes supérieures, à minuit, Notre-Seigneur me dit : « Le sacrifice qu’exige de chacun l’accomplissement de son propre devoir et l’observance de ma loi, voilà la pénitence que je demande et que j’exige maintenant ».
Deux mois plus tard, dans une lettre du 4 mai 1943, elle confia au père Gonçalvès qui avait été envoyé au Mozambique deux ans plus tôt :
Il désire que l’on fasse comprendre aux âmes que la véritable pénitence qu’Il veut et exige maintenant consiste avant tout dans le sacrifice que chacun doit s’imposer pour accomplir ses propres devoirs religieux et matériels.
C’est ce qu’enseignent toute la Tradition et l’exemple des saints. Sainte Marguerite-Marie, à qui une âme du purgatoire avait demandé de souffrir pour elle pendant trois mois afin d’obtenir le soulagement de ses peines, rapporta la demande à sa supérieure et en obtint la réponse suivante : « Ma supérieure, touchée de compassion, m’ordonna de bonnes pénitences, surtout des disciplines… » De la sorte, ces pénitences n’étaient pas le fruit de sa volonté, mais faites en obéissance à un ordre de sa supérieure.
Car la véritable pénitence est l’annihilation de notre propre volonté. Saint François de Sales enseignait :
Peu importe au démon que vous déchiriez votre corps pourvu que vous fassiez votre propre volonté. Il ne craint pas l’austérité, il craint uniquement le sacrifice de votre volonté. (…) Le misérable pharisien jeûnait deux fois la semaine et périt. Le publicain n’avait point jeûné et fut justifié.
Notre-Seigneur lui-même enseigna à sainte Marguerite-Marie :
Tu te trompes, ma fille, en pensant Me plaire par des mortifications où ta propre volonté fait plier celle des supérieurs… Je rejette tout cela comme des fruits corrompus par la volonté propre, laquelle M’est en horreur. J’agréerais davantage que tu prennes tes commodités par obéissance, que de t’accabler d’austérités par ta propre volonté.
Et à sainte Catherine de Sienne, Il enseigna :
Je m’attache peu à celui qui veut mortifier son corps par la pénitence, sans vaincre et tuer sa propre volonté. Ce que Je préfère, ce sont les actes d’une courageuse patience et les vertus intérieures. Je veux que les œuvres de pénitence et les autres pratiques soient le moyen et non pas le but de l’âme.
Dans Fatima apostolat mondial, John Haffert rapporte :
À maintes reprises, la voyante insista sur l’accomplissement du devoir quotidien, selon notre condition de vie, et sur la sanctification de cet effort en réparation de nos péchés et pour la conversion des pécheurs.
Voici aussi ce que sœur Lucie écrivit à Monseigneur Palha :
La pénitence du devoir d’état accompli parfaitement, voilà ce que Notre-Dame réclame. Il y a des âmes qui pensent à de grandes mortifications extraordinaires, à des macérations, dont elles ne se sentent pas capables, si bien qu’elles perdent courage. Lorsque Notre-Dame exige la pénitence, Elle parle de l’exact accomplissement du devoir d’état : c’est cela la sainteté.

Les sacrifices de la vie quotidienne

C’est donc on ne peut plus clair : ce que demande le Ciel, c’est d’accepter tout ce qui nous arrive comme voulu par Dieu et l’offrir avec joie pour la conversion des pécheurs. Saint François de Sales disait : « On ne vous demande pas de sacrifier votre vie, mais conservez la patience dans un petit contretemps ». Conserver la patience dans les contretemps ! Que d’occasions nous avons à offrir dans une seule journée ! Et que de fois malheureusement nous ne le faisons pas !
Voici quelques conseils concrets tirés de L’imitation de Jésus-Christ (livre I, chap. XVI) :
1. Ce que l'homme ne peut corriger en soi ou dans les autres, il doit le supporter avec patience, jusqu'à ce que Dieu en ordonne autrement. Songez qu'il est peut-être mieux qu'il en  soit ainsi, pour vous éprouver dans la patience, sans laquelle nos mérites sont peu de chose. Vous devez cependant prier Dieu de vous aider à vaincre ces obstacles, ou à les supporter avec douceur.
2. Si quelqu'un, averti une ou deux fois, ne se rend point, ne contestez point avec lui ; mais confiez tout à Dieu, qui sait tirer le bien du mal, afin que sa volonté s'accomplisse et qu'il soit glorifié dans tous ses serviteurs. Appliquez-vous à supporter patiemment les défauts et les infirmités des autres, quels qu'ils soient, parce qu'il y a aussi bien des choses en vous que les autres ont à supporter. Si vous ne pouvez-vous rendre tel que vous voudriez, comment pourrez-vous faire que les autres soient selon votre gré ? Nous aimons que les autres soient exempts de défauts, et nous ne corrigeons point les nôtres.
Que de conseils utiles !
S’il y a eu quelques négligences de notre part, offrons-les aussi. En effet, voici l’émouvant dialogue qu’eut un jour saint Jérôme avec Notre-Seigneur :
— Jérôme, donne-Moi quelque chose.
— Mais, Seigneur, je vous ai tout donné : ma vie, mes biens, mes forces, mon bonheur, mes livres ; tout est à Vous.
— Tu ne me donnes pas ce que Je veux.
— Que voulez-vous donc, Seigneur ?
— Je veux tes péchés ! Donne-les moi pour que Je te les pardonne.
Admirable dialogue ! Mais qu’il est difficile de s’accepter tels que nous sommes et d’offrir nos infirmités et nos propres fautes à Notre-Seigneur.
Une autre façon d’offrir des sacrifices est de pardonner à ceux qui nous ont causé un préjudice qu’ils ne peuvent pas réparer. Voici par exemple comment réagit un jour le père de Lucie qui avait tenté, sans succès, de chasser des personnes qui saccageaient le champ qu’il avait à la Cova da Iria. Des amis lui conseillèrent de porter plainte, l’assurant qu’il aurait gain de cause. Il leur répondit : « Non, je ne ferai pas cela. Je préfère leur pardonner pour que Dieu me pardonne aussi mes péchés. » Profonde sagesse ! Si nous-mêmes, devant une pareille contrariété, nous offrons le sacrifice que cela représente pour la conversion des pécheurs, nous aurons double gain : Dieu nous pardonnera et sauvera un pécheur.
Alors, n’attendons plus : offrons tous les sacrifices de notre vie quotidienne et récitons notre chapelet tous les jours pour la conversion des pécheurs. De la sorte, non seulement nous assurerons notre salut, mais des pécheurs se sauveront. Notre-Dame l’a affirmé plusieurs fois à Fatima !
 

Prières à réciter chaque jour

1) Réciter les deux prières de l’Ange

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime. Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas, qui ne Vous aiment pas.
Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Par les mérites infinis de son très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs.

2) Réciter un chapelet (ou au moins une dizaine de chapelet) et disant après chaque Gloria

Ô mon Jésus, pardonnez-nous. Préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes, spécialement celles qui en ont le plus besoin.

 3) Offrir tous les sacrifices de de la journée écoulée pour la conversion des pécheurs en récitant la prière enseignée par Notre-Dame :

Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie et pour le Saint-Père.

4) Analyser les occasions dans la journée où nous aurions pu offrir un sacrifice et où nous avons oublié de le faire, puis  prendre la résolution d’offrir ceux de la journée à venir.

5) Faire la petite consécration au Cœur Immaculé de Marie :

Sainte Vierge Marie, notre Mère et notre Reine qui êtes apparue à Fatima et avez promis, si l'on écoute vos demandes, de convertir la Russie et d’apporter la paix au monde, je réponds à votre appel.
Voulant me souvenir sans cesse que je vous appartiens et que vous pouvez disposer de moi pour le Règne du Cœur Sacré de votre divin Fils, je consacre à votre Cœur Immaculé :

les difficultés que je rencontre : pauvreté, chômage, ....

Je vous promets, en réparation des péchés que vous avez si douloureusement déplorés :
- d’offrir chaque jour les sacrifices nécessaires à l'accomplissement chrétien de mes devoirs quotidiens ;
- de réciter chaque jour une partie du Rosaire en m'unissant aux mystères de la vie de Jésus et la Vôtre.

6) Terminer avec les invocations :

Cœur Sacré de Jésus, ayez pitié de moi.
Cœur Immaculé de Marie, soyez le chemin qui me conduise à Dieu.
Notre-Dame de Fatima, gardez-moi fidèle.
Saint Joseph, protégez-moi.
Sœur Lucie, priez pour moi.
Saint François et sainte Jacinthe, veillez sur moi.

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lundi 3 décembre 2018

Le vicaire du Christ

13 juillet 1917 : « À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera accordé au monde un certain temps de paix. »

Le vicaire du Christ


Après avoir annoncé ce qui arriverait si nous ne suivions pas ses demandes, Notre-Dame continue en disant : « À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera accordé au monde un certain temps de paix ».
Observons l’ordonnance des enseignements de Notre-Dame depuis le début de cette apparition du 13 juillet. Elle commence par donner un moyen pour avoir la paix dans le monde : la récitation quotidienne du chapelet. Puis elle apprend aux petits voyants une courte prière à réciter lorsqu’ils offrent des sacrifices pour la conversion des pécheurs. Les conséquences heureuses de ces deux moyens très simples sont réellement incroyables en regard de l’effort demandé.
Ayant donné deux moyens pour redresser la triste situation du monde, Notre-Dame révèle alors le secret dans lequel elle annonce trois châtiments.
Le premier est une réalité : l’enfer. Les deux autres ne sont que conditionnels, car avant de les annoncer, elle donne les conditions pour les éviter : « Si l’on fait ce que je vais vous dire », puis « Si l’on écoute mes demandes ».
La structure du secret est donc la suivante :
  • un châtiment : beaucoup d’âmes vont en enfer,
  • un remède : la dévotion au Cœur Immaculé,
  • un deuxième châtiment si nous persistons à offenser Dieu : la deuxième guerre mondiale,
  • un deuxième remède : la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie et l’approbation de la communion réparatrice des premiers samedis du mois par le Saint-Père,
  • un troisième châtiment : les erreurs de la Russie répandues dans le monde,
  • l’annonce, malgré tout, du triomphe du Cœur Immaculé de Marie et d’un certain temps de paix pour le monde.
Notre-Dame a donc pris soin de nous prévenir des châtiments qui risquaient d’arriver et de la conduite à tenir pour les éviter. Quelle responsabilité pour ceux qui n’ont pas exécuté ses demandes ! C’est-à-dire, en premier lieu ceux qui n’ont pas voulu œuvrer pour répandre la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, ensuite les papes qui, en tardant à obéir à Notre-Dame, ont fait que la Russie a répandu ses erreurs dans le monde. Il faut donc beaucoup prier pour eux, et notamment pour le Saint-Père.
 

Prier pour le Saint-Père

Cette nécessité de prier pour le Saint-Père est un point qui a fortement marqué Jacinthe. Pour cela, elle n’a pas hésité à modifier la première prière enseignée par la Sainte Vierge le 13 juillet, en y ajoutant à la fin : « Et pour le Saint-Père ! ». De par sa grande sensibilité, Jacinthe fut sûrement celle des trois petits voyants qui eut la perception la plus profonde du message de Notre-Dame. C’est pourquoi elle eut des révélations particulières sur le Saint-Père. En particulier, elle eut au moins deux visions que Lucie décrit dans son troisième mémoire.
Jacinthe m’appela :
—    N’as-tu pas vu le Saint-Père ? Non ? Je ne sais pas comment cela s’est fait, mais j’ai vu le Saint-Père dans une très grande maison, à genoux devant une table, la tête dans les mains et pleurant. Au-dehors, il y avait beaucoup de gens et les uns lui lançaient des pierres, d’autres le maudissaient et lui disaient beaucoup de vilaines paroles. Pauvre Saint-Père. Il nous faut beaucoup prier pour lui ! (…)
Jacinthe me demanda ensuite :
—    C’est lui que j’ai vu pleurer et dont Notre-Dame nous a parlé dans le secret ?
—    C’est lui, répondis-je.
—    Certainement, reprit-elle, Notre-Dame l’a montré à ces prêtres Vois, je ne me suis pas trompée. Il faut prier beaucoup pour lui. (…)
Dans une autre occasion, nous nous rendîmes à la "Lapa" du Cabeço. Arrivés là, nous nous sommes prosternés à terre pour réciter les prières de l’Ange. Au bout d’un certain temps, Jacinthe se releva et m’appela :
—    Ne vois-tu pas tant de routes, tant de chemins et de champs pleins de gens qui pleurent de faim et n’ont rien à manger ? Et le Saint-Père dans une église, devant le Cœur Immaculé de Marie, en prière ? Et tant de monde qui prie avec lui ?
Quelques jours après, elle me demanda :
—    Est-ce que je peux dire que j’ai vu le Saint-Père et tous ces gens ?
—    Non ! Tu ne vois pas que cela fait partie du secret ? Et qu’ainsi bientôt tout se découvrirait ?
—    C’est bien. Alors je ne dirai rien.
Voilà pourquoi Jacinthe n’hésita pas à compléter la première prière que Notre-Dame leur avait  apprise, comme si Notre-Dame pouvait leur avoir appris une prière incomplète ! Mais il a plu à Notre-Dame de la faire compléter par une petite fille de 7 ans, dont le visage fut illuminé par la lumière qui émanait d’elle. Cette lumière eut d’ailleurs un effet physique réel, car lorsque, en 1935, soit 15 ans après sa mort, on ouvrit le cercueil de Jacinthe, lors du transfert du cimetière de Villa Nova de Ourem à celui de Fatima, le visage de la petite voyante fut trouvé intact. Ce signe marque combien la lumière émanant de Notre-Dame l’avait pénétrée jusqu’à donner une marque d’immortalité à son visage, lumière qui ne manqua sûrement pas d’aller jusqu’au fond de son cœur. C’est pourquoi elle recommandait de toutes ses forces, au nom de la Sainte Vierge, de prier pour le pape, de souffrir pour lui et avec lui.
 

La primauté pontificale

Aussi devons-nous, nous aussi, beaucoup prier pour le Saint-Père. En effet, après Jésus, le pape est le premier fils de Marie. Personne ne peut retirer au vicaire du Christ cette première place dans le cœur de la Sainte Vierge Marie. Si nous voulons aimer le pape nous devons demander cette grâce à la Sainte Vierge, car qui peut aimer le pape comme elle l'aime ?
Le pape est notre rocher, un rocher évangélique, un rocher divin, parce que créé par la parole du Christ, Verbe incarné : « Tu es Pierre (Rocher) et sur cette pierre j'édifierai mon Église » (Mt 16, 18). Saint François de Sales disait avec raison : « Jésus Christ, l'Église et le pape ne font qu'un ». On ne peut les séparer. Ils sont la « pierre angulaire » (Lc 20, 17) de l'humanité, du monde, de l'univers à sauver. C'est pour cela que celui qui dit accepter Jésus-Christ et l'Église, mais pas le pape, montre une légèreté impardonnable.
Quand Napoléon retint prisonnier le pape Pie VII, il réunit à Paris de nombreux évêques de France et d'Italie afin de décider quelques affaires concernant l'Église et il voulut qu'ils en discutent. Mais les évêques restèrent muets. Napoléon insista et exerça de fortes pressions. Aucun résultat. Finalement il s'impatienta et proféra des menaces. Alors le plus âgé des évêques se leva et déclara très calmement : « Sire, nous attendons le pape. L'Église sans le pape n'est pas l'Église ! ».
 

L’indispensable fonction papale

L’Église sans le pape n’est plus l’Église. Dans sa lettre à Timothée, saint Paul enseigne une vérité importante : quand on ne supporte plus la saine doctrine, on se cherche une quantité de maîtres qui détournent les oreilles de la vérité vers des fables. Or, nous y sommes ! Il suffit de lire les livres de certains théologiens présentés comme "grands et célèbres", pour comprendre combien saint Paul avait raison. Ces théologiens sont malheureusement nombreux à avoir diffusé beaucoup de livres et de revues qui sont à peu près tous semblables à de la nourriture gâtée ou suspecte. Malheureux les imprudents qui les achètent !
Ces théologiens sont « les faux maîtres » dont parlent saint Pierre et saint Paul avec des paroles terribles (2P 2, 2-11 : 1Tm 1, 3-7 : 6, 3-5 : 2Tm 3, 1-7 : 4, 1-5). Ces « faux maîtres » qu’ils soient appelés philosophes, réformistes, modernistes, … ont aussi été condamnés par les papes, notamment par saint Pie X par son encyclique Pacendi Dominici Gregis. C’est pour cela que nous avons besoin du pape. Nous ne devons pas séparer l’Église et le pape.
Un célèbre songe de don Bosco montre le pape sur un vaisseau (l’Église) en pleine tempête et attaqué de toute part par des ennemis en grand nombre. Alors émergent de la mer deux colonnes. Sur la première, se trouve une grande hostie, l’Eucharistie, et sur la seconde, un peu plus petite, une statue de la Vierge Immaculée avec une inscription : Auxilium christianorum. Le vaisseau du pape réussit à atteindre les deux colonnes et s’y accrocha solidement avec deux chaînes, ce qui mit en fuite tous les bateaux ennemis. Ce songe, dit des trois blancheurs, nous montre que le salut nous vient du pape, de l’Eucharistie et de la Sainte Vierge.
 

L’infaillibilité pontificale

Car quand il parle de foi et de morale, le pape est l'unique personne sur la terre qui puisse nous enseigner sûrement la vérité (sous réserve de réunir les quatre conditions exigées par l’infaillibilité).
« La foi romaine est inaccessible à l'erreur » disait saint Jérôme. C'est pourquoi saint Cyprien pouvait affirmer : « L'Église de Rome est la racine et la mère de toutes les Églises ». Seul celui qui est uni au pape est certain d'être dans la vérité infaillible de ce qui doit être cru et doit être fait pour obtenir le salut. Jésus Lui-même voulut l'infaillibilité de saint Pierre : « J'ai prié pour que ta foi ne défaille pas » (Lc 22, 32). Et Il voulut qu’il soit notre guide infaillible : « Toi, confirme tes frères » (Lc 22, 32).
Pour cette raison le pape est l'unique maître universel et infaillible. Bien plus ! Il est le seul qui puisse confirmer la foi des chrétiens, les protégeant infailliblement de toute erreur doctrinale et morale. En ce sens, sur la terre, le pape, tout pape est le meilleur théologien, le meilleur bibliste, le meilleur moraliste. Seule, sa parole de maître universel est une parole divinement garantie par le Christ qui est « la Voie, la vérité et la Vie » (Jean 14, 6). Saint Thomas d'Aquin, qui fut appelé un "grand maître", était prêt à renoncer à n'importe quelle pensée des grands docteurs si elle n'était pas conforme à celle du pape.
« Les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle » a dit Notre-Seigneur (Mt 16, 18). Aussi, tous les hommes qui voudraient combattre contre la papauté échoueront, y compris l'enfer. Non seulement les ennemis n'auront pas le dessus, mais ils se détruiront sur cette « pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs, pierre d’angle, pierre d'achoppement, un roc qui fait tomber. Ils s'y heurtent, parce qu'ils refusent de croire à la Parole ». (1 P. 2,7-8).
Contre cette pierre se heurta Luther qui, comme un forcené, injuriait et maudissait le pape : « Pape, je serai ta mort. Oui, moi, pape Luther I, par ordre de Notre Seigneur Jésus-Christ et du Père Très Haut, je t'envoie en enfer ». Pauvre et malheureux Luther !
Le terrible Napoléon se déchaîna aussi contre le pape. Celui-ci, désarmé, lui dit : « Le Dieu d'autrefois vit encore. Il a toujours écrasé les persécuteurs de l'Église »... Plus tard, sur sa petite île de Sainte Hélène, Napoléon se rappela ces paroles et dit à un ami :
Ah ! Pourquoi ne puis-je crier d'ici à ceux qui ont quelque puissance sur la terre : « Respectez le représentant de Jésus Christ ! Ne touchez pas au Pape. Autrement vous serez anéanti par la main vengeresse de Dieu. Protégez plutôt la chaire de Pierre ! ».
Nous devons donc beaucoup prier pour le pape, pour qu’il ne défaille jamais. Heureusement, il y a toujours eu des personnes généreuses qui ont offert et immolé leur vie pour lui. Saint Vincent Strambi, par exemple, confesseur de Léon XII, s'offrit comme victime pour que le pape vive plus longtemps. C'est ce qui arriva : le pape vécut cinq autres années alors que saint Vincent mourut cinq jours après avoir offert sa vie.
Aussi comme la petite Jacinthe, prions beaucoup pour le pape. Comme elle, offrons les sacrifices de notre vie quotidienne, pour que le Saint-Esprit l’éclaire et qu’il ait toujours les grâces nécessaires pour bien gouverner l’Église.
 

Prières à réciter chaque jour

1) Réciter les deux prières de l’Ange

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime. Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas, qui ne Vous aiment pas.
Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Par les mérites infinis de son très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs.

2) Réciter un chapelet (ou au moins une dizaine de chapelet) et disant après chaque Gloria

Ô mon Jésus, pardonnez-nous. Préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes, spécialement celles qui en ont le plus besoin.

 3) Offrir tous les sacrifices de de la journée écoulée pour la conversion des pécheurs en récitant la prière enseignée par Notre-Dame :

Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie et pour le Saint-Père.

4) Analyser les occasions dans la journée où nous aurions pu offrir un sacrifice et où nous avons oublié de le faire, puis  prendre la résolution d’offrir ceux de la journée à venir.

5) Faire la petite consécration au Cœur Immaculé de Marie :

Sainte Vierge Marie, notre Mère et notre Reine qui êtes apparue à Fatima et avez promis, si l'on écoute vos demandes, de convertir la Russie et d’apporter la paix au monde, je réponds à votre appel.
Voulant me souvenir sans cesse que je vous appartiens et que vous pouvez disposer de moi pour le Règne du Cœur Sacré de votre divin Fils, je consacre à votre Cœur Immaculé :

le temps dont je dispose.

Je vous promets, en réparation des péchés que vous avez si douloureusement déplorés :
- d’offrir chaque jour les sacrifices nécessaires à l'accomplissement chrétien de mes devoirs quotidiens ;
- de réciter chaque jour une partie du Rosaire en m'unissant aux mystères de la vie de Jésus et la Vôtre.

6) Terminer avec les invocations :

Cœur Sacré de Jésus, ayez pitié de moi.
Cœur Immaculé de Marie, soyez le chemin qui me conduise à Dieu.
Notre-Dame de Fatima, gardez-moi fidèle.
Saint Joseph, protégez-moi.
Sœur Lucie, priez pour moi.
Saint François et sainte Jacinthe, veillez sur moi.

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Préservez-nous du feu de l’enfer

13 juillet 1917 : « Quand vous réciterez le chapelet, dites après chaque mystère : "Ô mon Jésus, pardonnez-nous. Préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin". Je veux que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours. »


Préservez-nous du feu de l’enfer


Après avoir confié le secret aux petits voyants et leur avoir recommandé de n’en rien dire à personne, Notre-Dame leur apprit une deuxième prière à réciter après chaque mystère du chapelet : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous. Préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin »
Cette prière présente des différences selon les documents auxquels on se réfère. La version que nous donnons est celle figurant dans le quatrième mémoire de sœur Lucie, dans sa traduction la plus littérale. La formule habituellement utilisée est légèrement différente, mais parfaitement conforme au sens de la formule littérale. L’ajout de « nos péchés » après le « pardonnez-nous » ne change strictement rien au sens de la prière. Il en va exactement de même concernant l’ajout de l’expression « de votre miséricorde » à la fin de la prière.
 

La vision de l’enfer

En enseignant cette prière, Notre-Dame parle pour la deuxième fois de l’enfer. Et elle nous demande de prier pour que nous en soyons préservés. Le saint Curé d’Ars craignait pour son salut. Et nous ? Aussi, devons-nous prier beaucoup Notre-Dame de nous guider pour éviter l’enfer.
 « Préservez-nous », ou plus exactement « délivrez-nous du feu de l’enfer » ! L’expression employée est forte. Si Notre-Dame utilise une telle expression, c’est que l’enfer n’est pas un danger imaginaire et lointain auquel nous pourrions échapper sans effort. Nous devons donc y réfléchir sérieusement, et au moins à chaque dizaine de chapelet que nous récitons puisque Notre-Dame nous invite à demander après chaque Gloria « préservez-nous du feu de l’enfer ».
Les petits voyants, eux, ne cessaient de méditer sur l’enfer, tout particulièrement Jacinthe dont la grande sensibilité lui valut d’avoir une perception plus profonde du message de Fatima. Dans le troisième mémoire, sœur Lucie explique toute l’importance que Jacinthe attachait à la vision de l’enfer. Dans son troisième mémoire, elle écrit. Nous le citerons longuement pour bien comprendre la pensée de Jacinthe qui va être canonisée le 13 mai prochain :
La vision de l’enfer l’avait horrifiée à tel point que toutes les pénitences et les mortifications lui paraissaient peu de chose, pour arriver à préserver quelques âmes de l’enfer.
Eh bien, je vais maintenant répondre à une autre question qui m'a été adressée de plusieurs côtés : Comment se fait-il que Jacinthe, encore si petite, ait pu être possédée d’un tel esprit de mortification et de pénitence ?
Il me semble que ce fut, d’abord, par une grâce spéciale que Dieu a voulu lui accorder, par l’intermédiaire du Cœur Immaculé de Marie ; mais aussi, parce qu’elle a vu l’enfer et le malheur des âmes qui y tombent.
Certaines personnes, même pieuses, ne veulent pas parler aux enfants de l’enfer, pour ne pas les effrayer. Mais Dieu n’a pas hésité à montrer l’enfer à trois enfants, dont la plus jeune avait seulement six ans, et il savait bien qu’elle en serait horrifiée, au point de se consumer de frayeur, je peux presque le dire.
Souvent, elle s’asseyait par terre ou sur quelque pierre et, toute pensive, elle se mettait à dire :
—      Oh, l’enfer ! Oh, l’enfer ! Que j’ai pitié des âmes qui vont en enfer ! Et les gens qui sont là, vivants, à brûler comme du bois dans le feu !
Et, toute tremblante, elle s’agenouillait, les mains jointes, pour réciter la prière que Notre-Dame nous avait enseignée :
—      Ô mon Jésus ! Pardonnez-nous, préservez-nous du feu de l’enfer et attirez toutes les âmes au Ciel, principalement celles qui en ont le plus besoin. (…)
Elle demeurait ainsi de longs moments à genoux, répétant la même prière. De temps en temps, elle m’appelait ou appelait son frère, comme s’éveillant d’un songe :
—       François ! Priez-vous avec moi ? Il faut prier beaucoup pour faire échapper les âmes à l’enfer ! Il y en a tant qui y vont ! Il y en a tant !
D’autres fois, elle demandait :
—      Pourquoi est-ce que Notre-Dame ne montre pas l’enfer aux pécheurs ? S’ils le voyaient, ils ne pécheraient plus, pour ne pas y aller. Tu dois dire à Notre-Dame qu’elle montre l’enfer à tous ces gens. Tu verras comme ils se convertiront !
Quelquefois, elle me demandait aussi :
—      Quels sont les péchés que font ces gens pour aller en enfer ?
—      Je ne sais pas ! Peut-être le péché de ne pas aller à la messe le dimanche, de voler, de dire de vilaines choses, de maudire, de jurer.
—      Et ainsi, pour une seule parole, on va en enfer ?
—      Bien sûr ! C’est un péché.
—      Est-ce que cela leur coûterait beaucoup de se taire ou d’aller à la messe ? Que j’ai pitié des pécheurs ! Ah, si je pouvais leur montrer l’enfer ! »
Quelquefois, elle me prenait la main, et me disait :
—      Je vais aller au Ciel. Mais toi qui vas rester ici, si Notre-Dame le veut, dis à tout le monde comment est l’enfer, pour qu’ils ne fassent plus de péchés et qu’ils n’y aillent pas !
D’autres fois, après avoir réfléchi un moment, elle disait :
—      Tant de monde qui tombe en enfer ! Tant de monde en enfer !
 Pour la tranquilliser, je lui disais :
—      N’aie pas peur. Tu iras au Ciel !
—      Oui, j’irai au Ciel, disait-elle paisiblement, mais je voudrais que tout le monde y aille aussi ! (…)
S’il lui arrivait d’entendre certaines paroles que plusieurs affectent de prononcer, elle cachait son visage dans ses mains et disait :
—      Ô mon Dieu ! Ces gens ne savent pas que, pour avoir dit ces choses-là, on peut aller en enfer. Pardonnez-leur, mon Jésus, et convertissez-les ! Certainement ils ne savent pas qu’ils offensent Dieu avec cela. Quelle pitié ! Mon Jésus ! Je vais prier pour eux.
Et elle répétait alors la prière enseignée par Notre-Dame : « Ô mon Jésus ! Pardonnez-nous, etc. »
 

Les précisions de Lucie

Par la suite, dans sa correspondance, sœur Lucie revint souvent sur le sujet. Ainsi, elle confia au père Pasquale :
Ce qui m’est resté le plus gravé dans l’esprit et dans le cœur, ce fut la tristesse de cette Dame lorsqu’elle nous montra l’enfer ! Si la vision de l’enfer avait duré un instant de plus, nous serions morts de peur et d’épouvante. Cependant, une chose m’a encore plus impressionnée, ce fut l’expression douloureuse du regard de Notre-Dame ! Si je vivais mille ans, je la conserverais toujours gravée dans mon cœur.
Voici également ce qu’elle écrivit un jour à un séminariste :
Ne soyez pas surpris si je vous parle tant de l’enfer. C’est une vérité qu’il est nécessaire de rappeler beaucoup dans les temps présents, parce qu’on l’oublie : c’est en tourbillon que les âmes tombent en enfer. Eh ! quoi ? Vous ne trouvez pas bien employés tous les sacrifices qu’il faut faire pour ne pas y aller et empêcher que beaucoup d’autres y tombent ?
« C’est en tourbillon que les âmes tombent en enfer. » ! Qui, de nos jours, rappelle cet enseignement que Lucie apprit de la Sainte Vierge elle-même ? Pourtant, tous ces enseignements sur l’enfer sont parfaitement conformes à l’enseignement constant de l’Église depuis toujours. Notre-Seigneur, dans son immense bonté, parla plusieurs fois de « géhenne », de « feu éternel », de « fournaise ardente », de « feu qui ne s’éteint pas ».
Alors, comme les petits bergers de Fatima, réfléchissons à l’enfer qui nous attend si nous ne suivons pas la loi divine et prions Dieu de nous donner les grâces nécessaires pour l’éviter.
 

Les âmes des pécheurs

Dans la deuxième partie de la prière, la Sainte Vierge continue en demandant, une fois de plus !, de prier pour les pécheurs : « Conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin ». Il s’agit bien de prier pour les âmes des pécheurs et non pour les âmes du purgatoire comme certains ont voulu le faire croire. Voici le dialogue qu'eut le chanoine Barthas avec sœur Lucie à ce sujet :
Je me permis de demander à sœur Lucie de préciser le sens du mot "alminhas" (âmes) :
— Dans ces âmes qui ont besoin du secours divin, lui dis-je, faut-il voir les âmes du purgatoire ou bien celles des pécheurs ?
— Dos peccadores, répondit-elle sans hésiter.
— Pourquoi le pensez-vous ?
— Parce que la Sainte Vierge nous a toujours parlé des âmes des pécheurs. Elle ne nous a jamais parlé des âmes du purgatoire.
— Pour quelle raison, à votre avis, Notre-Dame vous a-t-elle particulièrement intéressés aux âmes des pécheurs plutôt qu'à celles du purgatoire ?
— Sans doute parce que les âmes du purgatoire sont déjà sauvées, se trouvant comme dans le vestibule du Ciel, tandis que les âmes des pécheurs sont sur les pentes qui conduisent à la damnation.
Le 18 mai 1941, sœur Lucie écrivit au père Gonçalvès : « Je crois que Notre-Dame voulait parler des âmes qui se trouvent en plus grand péril de damnation ». Ceci est parfaitement logique, car à Fatima, Notre-Dame est venue essentiellement pour nous rappeler l’urgente nécessité de prier pour le salut des pécheurs.
Il est donc clair que nous devons prier surtout pour les âmes en danger de se perdre définitivement, autrement dit de se damner. C’est le sens de la fin de la phrase : « surtout celles qui en ont le plus besoin ». Ces mots en ont surpris plus d’un. Ils peuvent surprendre en effet. Comment vouloir le salut de toutes les âmes sans exception tout en ajoutant une formule restrictive ? C’est la logique de l’amour. L’âme suppliante voudrait obtenir de la miséricorde divine le salut de toutes les âmes. Mais elle sait que ses propres mérites sont très insuffisants pour obtenir cette grâce. Alors, elle demande d’appliquer les quelques mérites qu’elle a à ceux qui en ont le plus besoin. Admirable logique des saints ! C’est l’exemple de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qui, en priant de toute son âme pour Pranzini, auteur de trois horribles meurtres, obtint sa conversion quelques instants avant son exécution.
On comprend dès lors le souci de Notre-Dame de nous expliquer dans le détail l’urgente nécessité de prier pour les pécheurs, pour qu’ils se convertissent et ainsi évitent l’enfer, et d’offrir les quelques mérites que nous pouvons gagner pour les âmes qui sont en plus grand danger de se damner, afin qu’au dernier moment, comme pour le bon Larron ou pour Pranzini, la grâce les frappent et permettent que leur dernière pensée avant de quitter ce monde soit pour implorer la miséricorde divine.
Aussi, demandons à Notre-Dame de nous accorder les lumières nécessaires pour bien comprendre ce qu’est l’enfer. Et récitons notre chapelet tous les jours pour demander pardon, pour nous-même d’abord, pour les pécheurs ensuite, afin qu’eux comme nous, nous suivions docilement les demandes de Notre-Dame et ainsi évitions l’enfer.
 

Prières à réciter chaque jour

1) Réciter les deux prières de l’Ange

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime. Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas, qui ne Vous aiment pas.
Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Par les mérites infinis de son très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs.

2) Réciter un chapelet (ou au moins une dizaine de chapelet) et disant après chaque Gloria

Ô mon Jésus, pardonnez-nous. Préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes, spécialement celles qui en ont le plus besoin.

 3) Offrir tous les sacrifices de de la journée écoulée pour la conversion des pécheurs en récitant la prière enseignée par Notre-Dame :

Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie et pour le Saint-Père.

4) Analyser les occasions dans la journée où nous aurions pu offrir un sacrifice et où nous avons oublié de le faire, puis  prendre la résolution d’offrir ceux de la journée à venir.

5) Faire la petite consécration au Cœur Immaculé de Marie :

Sainte Vierge Marie, notre Mère et notre Reine qui êtes apparue à Fatima et avez promis, si l'on écoute vos demandes, de convertir la Russie et d’apporter la paix au monde, je réponds à votre appel.
Voulant me souvenir sans cesse que je vous appartiens et que vous pouvez disposer de moi pour le Règne du Cœur Sacré de votre divin Fils, je consacre à votre Cœur Immaculé :

mes biens matériels.

Je vous promets, en réparation des péchés que vous avez si douloureusement déplorés :
- d’offrir chaque jour les sacrifices nécessaires à l'accomplissement chrétien de mes devoirs quotidiens ;
- de réciter chaque jour une partie du Rosaire en m'unissant aux mystères de la vie de Jésus et la Vôtre.

6) Terminer avec les invocations :

Cœur Sacré de Jésus, ayez pitié de moi.
Cœur Immaculé de Marie, soyez le chemin qui me conduise à Dieu.
Notre-Dame de Fatima, gardez-moi fidèle.
Saint Joseph, protégez-moi.
Sœur Lucie, priez pour moi.
Saint François et sainte Jacinthe, veillez sur moi.

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L'obéissance

13 juillet 1917 : « Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix. Sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties. »


L'obéissance


Après avoir montré l’enfer et expliqué comment l’éviter, Notre-Dame donna un avertissement : « Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix. (…). Mais si l’on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI en commencera une autre pire. » (Voir méditation précédente) Juste après, Notre-Dame donna un deuxième avertissement : « Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix. Sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. »
Ces deux avertissements doivent nous conduire à une réflexion sérieuse sur ce que nous devons faire. Notre-Dame est la bonté même ; c’est la meilleure de toutes les mères. Malgré cela, ou plutôt à cause de cela, elle ne peut pas faire autrement qu’avertir ses enfants des dangers qu’ils courent, aussi dure que soit cette vérité. Car la loi divine est la même pour tous. Ce n’est pas Dieu qui nous condamne, mais Il respecte notre liberté. C’est le mystère de la liberté humaine. Si nous nous écartons de Lui et des préceptes que, dans son immense sagesse, Il a posés, n’est-il pas juste que nous en subissions les conséquences ? Voilà, ce que Notre-Dame est venue nous rappeler. Et comme elle est bonne et qu’elle sait que nous avons la tête dure, elle répète deux fois son avertissement : si nous suivons ce qu’elle demande, nous aurons la paix et beaucoup d’âmes seront sauvées ; sinon, nous aurons la guerre et des persécutions de tous ordres. Tel est l’ordre voulu par Dieu.
Il est donc de notre intérêt d’obéir à ce que dit la Sainte Vierge, et même d’obéir tout court.
 

Qu’est-ce que l’obéissance ?

L'âme de l'obéissance, c'est la foi surnaturelle. Saint Maximilien Kolbe disait que « l'obéissance est un mystère de foi ». L'obéissance est la vertu qui nous pousse à soumettre notre volonté à celle de Dieu et à celle de ceux qui représentent Dieu. Aussi, seul, celui qui voit dans le supérieur le représentant de Dieu sait obéir et sait qu'il est en accord avec la volonté de Dieu, même quand cela lui coûte, car la vertu d'obéissance s'exerce dans le sacrifice. Jésus lui-même, dit l'apôtre, « apprit, de ce qu'il souffrit, l'obéissance ». (He 5, 8).
Combien de fois il faut obéir en silence dans les choses pénibles. Durant la Passion, Jésus, au lieu de se défendre ou de se faire défendre : « se taisait » (Mat. 26, 63).
 

À qui obéir ?

L'obéissance est d'abord due à Dieu, notre Père et créateur. « À Yahvé, la terre et sa plénitude, le monde et tout son peuplement » (Ps 23, 1). Nous sommes ses créatures et ses fils, nous lui devons l'obéissance des êtres créés et des fils. « Toutes les créatures vous servent » (Ps. 119 : 91).
L'obéissance au Christ est liée à la rédemption, car Il nous a rachetés par son sang. Pour cette raison, nous lui appartenons et nous devons obéir à sa divine volonté : « Vous ne vous appartenez pas. Vous avez été bel et bien rachetés » (1Co 6, 20).
L'obéissance aux supérieurs est liée au fait qu'ils sont les représentants de Dieu. Nous savons bien que Dieu ne nous gouverne pas directement, mais par ses envoyés, ses représentants, qu'il fait participer de son autorité. « Il n'y a pas d'autorité qui ne vienne de Dieu » (Rom. 13, 2). Une désobéissance aux supérieurs est donc une désobéissance à Dieu : « Celui qui résiste à l'autorité se rebelle contre l'ordre établi par Dieu. Et les rebelles se feront eux-mêmes condamner ». (Rm. 13, 2).
Saint Thomas enseigne que : « Le vouloir d’un inférieur doit se régler sur le vouloir du supérieur, le vouloir du soldat sur celui de son chef. » (Somme théologique, I q. 63, a. 1)
 

La plus grande des vertus

Saint Thomas dit aussi que l’obéissance est la première des vertus morales :
Par elle-même, l'obéissance est la plus louable des vertus : pour Dieu elle méprise la volonté propre, alors que, par les autres vertus morales, on méprise certains autres biens en vue de Dieu. C'est pourquoi saint Grégoire écrit : « Il est juste de préférer l'obéissance aux sacrifices, parce que ceux-ci immolent une chair étrangère, tandis que l'obéissance immole notre propre volonté ». (Somme théologique, IIa-IIae, q.104, a. 4)
Et surtout, la vertu d’obéissance est une de celles qui plait le plus à Dieu. Sainte Catherine de Sienne dans son Dialogue nous en rapporte un très bel exemple :
On lit dans la vie des Pères, un bel exemple de cette obéissance inspirée par l'amour. Un solitaire ayant reçu un ordre de son supérieur au moment où il avait commencé d'écrire un O, - une bien petite chose pourtant ! – il ne prit pas le temps de le finir ; sans le moindre retard, il alla où l'appelait l'obéissance. Pour lui témoigner par un signe extérieur, combien cette promptitude m'était agréable, ma clémence acheva en or la lettre commencée.
Cette gracieuse vertu me plaît tant, que, pour aucune autre je n'ai accompli tant de miracles, ni donné tant de signes et de témoignages de la satisfaction qu'elle me cause.
Pour cela, l’obéissance fait des miracles. Inversement, la désobéissance les empêche.
Quand saint Joseph Cottolengo sut qu'il y avait de nombreuses sœurs malades et qu'on ne savait pas comment faire pour assurer le service de la Petite Maison, il donna l'ordre aux sœurs de se lever et d'accomplir le service. Les sœurs se levèrent et se trouvèrent toutes guéries. Une seule ne voulut pas se lever. Non seulement elle ne fut pas guérie, mais plus tard elle quitta l'Institut.
 

L’exemple de la Sainte Vierge

La Sainte Vierge nous a donné un exemple unique d’obéissance. Les premières pages de l'Évangile de saint Luc s'ouvrent sur son "fiat" à l’annonce de l'Ange Gabriel (Lc 1, 36). Elle obéit humblement à l'envoyé de Dieu, en acceptant des réalités humainement incompréhensibles : la conception virginale du Verbe Fils de Dieu et la maternité divine, ainsi que des réalités douloureuses, jusqu'à la plus terrible tragédie pour une mère : offrir son fils à la mort ! La Sainte Vierge obéit aussi à l'ordre d'Auguste pour le recensement (Lc 2, 1-5), à la loi de la présentation et de la purification (Lc 2, 21-24), à l’ordre de l’Ange de fuir en Égypte (Mt 2, 13-15), à l’ordre de revenir à Nazareth (Mt 2, 21-24). Nous la retrouvons enfin au Calvaire y accomplissant son "fiat" dans l'angoisse la plus tragique (Jn 19, 25). Au calvaire, son obéissance fut « le glaive qui lui transperça l'âme » (Lc 2, 35).
Obéir à la volonté de Dieu, sans réserve : « Je fais toujours ce qui Lui plaît » (Jn 8, 29), voilà l'attitude du véritable obéissant. Et l'obéissance douloureuse doit être aimée autant que l'obéissance joyeuse, même si la nature réagit ! « Que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne » (Lc 22, 42).
 

Comment obéir ?

La meilleure façon de pratique l'obéissance est d’obéir en tout à nos supérieurs légitimes. Il est clair que les supérieurs ne doivent exercer l'autorité qu'en tant que délégués de Dieu et donc ils ne doivent jamais commander ce qui est contraire à la loi de Dieu. Ils ne peuvent être les ambassadeurs de Dieu s'ils commandent le péché ou s'ils ne l'empêchent pas (mentir, voler, avorter...). Dans ce cas ce sont des délégués de Satan : on ne peut et on ne doit pas leur obéir.
Par contre, dans toutes les autres situations, il faut obéir, même si l'obéissance nous pèse ou nous heurte, même si celui qui commande est odieux et partial. « Vous, les domestiques soyez soumis à vos maîtres.... non seulement aux bons et aux bienveillants, mais aussi aux difficiles » (1P 2, 18).
Quand saint François d'Assise et sainte Thérèse d'Avila recevaient des communications au cours de leurs extases, ils étaient prêts à y renoncer si le supérieur en décidait autrement, parce que, dans la parole du supérieur l'intention de Dieu n'est pas douteuse, tandis que dans une vision ou une communication, il y a toujours une marge d'incertitude.
Dans la vie de Sainte Gertrude, on lit que, pendant un certain temps, elle eut une supérieure à l'humeur plutôt difficile. La sainte pria le Seigneur qu'elle soit remplacée par une autre plus équilibrée. Mais Jésus lui répondit : « Non, parce que ses défauts l'obligent à s'humilier chaque jour en ma présence. Par ailleurs, ton obéissance n'a jamais été aussi surnaturelle que pendant cette période ».
Sainte Marguerite-Marie éprouva une difficulté semblable. À propos de la dévotion au Sacré-Cœur, ses supérieurs ne voulaient pas qu’elle en parle. S’en étant plainte un jour à Notre-Seigneur, elle reçut de Lui la réponse suivante :
Je suis content que tu préfères la volonté de tes supérieures à la mienne, lorsqu’elles te défendront de faire ce que je t’aurai ordonné. Laisse-les faire tout ce qu’elles voudront de toi, je saurai bien trouver le moyen de faire réussir mes desseins, même par des moyens qui y semblent opposés et contraires.
« Je suis content que tu préfères la volonté de tes supérieurs à la mienne » ! On voit combien Dieu apprécie l’obéissance aux supérieurs légitimes !
 

Obéissance héroïque

Dominique Savio, garçon actif et bon élève, fut accusé injustement auprès du maître pour une vilaine espièglerie. Surpris, le maître fut contraint de le réprimander sévèrement. Dominique se tut. Quand le maître connut la vérité, il appela Dominique et lui demanda pourquoi il n'avait rien dit. « Pour deux raisons - dit-il - parce que si j'avais dit qui était le vrai coupable, il aurait été renvoyé de l'école, car ce n'était pas la première fois qu'il était pris en défaut, tandis que moi c'était la première fois. De plus, je me suis tu parce Jésus aussi, accusé devant le sanhédrin, se taisait ».
Saint Gérard Majella, calomnié d'une manière infâme, fut sévèrement puni par saint Alphonse. On lui interdit la sainte communion, on le changea de lieu et il fut traité comme un pécheur. Il se tut et obéit. Quand on découvrit la vérité, saint Alphonse put dire que ce douloureux épisode suffisait à lui seul à garantir la sainteté extraordinaire de saint Gérard. L'obéissance a crucifié Jésus : « Obéissant jusqu'à la mort » (Phil 2, 8) Jésus se taisait et priait. L'obéissance a crucifié les saints qui, eux-aussi, se taisaient et priaient.
Quand saint Joseph Calasanzio fut calomnié et persécuté par ses propres disciples, quand, vieux et malade, il fut emprisonné et traduit devant le tribunal et quand, au seuil de la mort, il fut expulsé de la congrégation et dut assister à la dévastation de la congrégation, par ordre du Vicaire même du Christ, il accepta cet enchaînement de tourments en murmurant : « Que maintenant et toujours soit bénie la très sainte volonté de Dieu ! ».
Quand saint Alphonse de Liguori, octogénaire, fut calomnié par un de ses fils et fut expulsé de la congrégation par le pape lui-même, lui, le grand, le passionné, l'ardent défenseur du pape, surmonta ce déchirement mortel en s'écriant, face contre terre, au pied de l'autel : « Le pape a raison, le pape a raison »... !
Certes, l'obéissance crucifie, … comme elle crucifia Jésus ! Mais le saint est celui qui se laisse crucifier. Nous, au contraire, que d'expédients, de compromis, d'échappatoires nous essayons de trouver pour éviter le poids et les ennuis que nous cause l'obéissance. Mais si nous agissons ainsi, il est impossible d'aimer, parce que, dit Jésus : « Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements » (Jn 14, 15). Nous devons donc observer ses commandements, même s'ils nous coûtent.
Alors, obéissons à Dieu en observant sa loi. Obéissons aussi aux demandes de Notre-Dame, ce d’autant plus que ce qu’elle demande n’exige pas de grands efforts : qui ne peut trouver une quinzaine de minutes dans la journée pour réciter un chapelet ? Est-il difficile d’offrir pour la conversion des pécheurs des contrariétés que, de toutes les façons, nous ne pouvons pas éviter ? De plus, les demandes de Notre-Dame ont des fruits extraordinaires : le salut pour les pécheurs et la paix dans le monde. Aussi, empressons-nous de répondre aux demandes de notre Mère du Ciel.
 

Prières à réciter chaque jour

1) Réciter les deux prières de l’Ange

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime. Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas, qui ne Vous aiment pas.
Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Par les mérites infinis de son très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs.

2) Réciter un chapelet (ou au moins une dizaine de chapelet) et disant après chaque Gloria

Ô mon Jésus, pardonnez-nous. Préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes, spécialement celles qui en ont le plus besoin.

 3) Offrir tous les sacrifices de de la journée écoulée pour la conversion des pécheurs en récitant la prière enseignée par Notre-Dame :

Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie et pour le Saint-Père.

4) Analyser les occasions dans la journée où nous aurions pu offrir un sacrifice et où nous avons oublié de le faire, puis  prendre la résolution d’offrir ceux de la journée à venir.

5) Faire la petite consécration au Cœur Immaculé de Marie :

Sainte Vierge Marie, notre Mère et notre Reine qui êtes apparue à Fatima et avez promis, si l'on écoute vos demandes, de convertir la Russie et d’apporter la paix au monde, je réponds à votre appel.
Voulant me souvenir sans cesse que je vous appartiens et que vous pouvez disposer de moi pour le Règne du Cœur Sacré de votre divin Fils, je consacre à votre Cœur Immaculé :

mes paroles.

Je vous promets, en réparation des péchés que vous avez si douloureusement déplorés :
- d’offrir chaque jour les sacrifices nécessaires à l'accomplissement chrétien de mes devoirs quotidiens ;
- de réciter chaque jour une partie du Rosaire en m'unissant aux mystères de la vie de Jésus et la Vôtre.

6) Terminer avec les invocations :

Cœur Sacré de Jésus, ayez pitié de moi.
Cœur Immaculé de Marie, soyez le chemin qui me conduise à Dieu.
Notre-Dame de Fatima, gardez-moi fidèle.
Saint Joseph, protégez-moi.
Sœur Lucie, priez pour moi.
Saint François et sainte Jacinthe, veillez sur moi.

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Ô Marie conçue sans péché, prier pour nous qui avons recours à vous. Amen! Ave Maria!

Ô Marie conçue sans péché, prier pour nous qui avons recours à vous. Amen! Ave Maria!
Jésus, Seigneur de miséricorde, je vous supplie dans la Divine volonté, pour l'amour de l'amour de votre Mère pour les âmes, d’accorder la grâce de la conversion à tous ceux qui vont mourir subitement, surtout ceux qui ont besoin de votre miséricorde. D’ouvrir les yeux de tous, Jésus, à la vérité de votre amour et de votre miséricorde. N’en laissez aucun se perdre, mais pour l'amour de votre douloureuse Passion, ayez pitié de nous et du monde entier. Saints et anges du Ciel – priez pour nous ! Amen.

Prière au Très Précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ

O Très Divin Sang qui jaillis pour nous des veines de Dieu fait homme, Descends comme la rosée de la rédemption sur la terre contaminée et sur les âmes que le péché rend semblables aux lépreux.

Voici que je t’accueille, Sang de mon Jésus et je te répands sur l'Eglise, sur le monde, sur les pécheurs, sur le purgatoire.

Aide, réconforte, purifie, allume, pénètre et féconde, O très divine sève de vie.

Ni l’indifférence, ni la culpabilité ne met obstacle à ton flux. Au contraire, pour les rares qui t’aiment, pour les multitudes qui meurent sans toi, tu accélères et répands sur tous cette Pluie Divine.

Parce que on vient à Toi avec confiance pendant la vie, par Toi on sera pardonné dans la mort, avec Toi on vient dans la gloire de Ton royaume.

Amen!

(Prière au Très Précieux Sang de Jésus-Christ Notre Seigneur dictée par Jésus à un mystique en 1943)

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Mon Seigneur et Mon Dieu!

Mon Seigneur et Mon Dieu!
La Divine Miséricorde est la protection contre l'assaut implacable de l'ennemi qui a atteint son apogée. La Divine Miséricorde est bénédiction sur ceux consacrés à Ma mère et qui, par conséquent, se sont unis ainsi à Mon Sacré-Cœur. La Divine Miséricorde est la grâce offerte pour illuminer toutes les âmes. Vous formerez les croix vivantes qui feront dévier la colère de la Justice de Dieu. Appelez Ma miséricorde dans vos épreuves – mais aussi [faites appel à elle] pour aider les âmes, surtout à l’heure de leur mort. N'oubliez pas de prier le Chapelet de la Divine Miséricorde, à 15 h, l’heure de Ma mort.

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